Una donna posseduta dal demonio a Santa Croce (1885-1890)
Tra cronaca locale, memoria dell’emigrazione e storiografia religiosa francese
Un documento inedito emerso dagli archivi ci restituisce una vicenda singolare e ricca di fascino, sospesa tra il folklore della comunità di Santa Croce, le storie degli emigrati bergamaschi alla fine dell’Ottocento e la letteratura ecclesiastica francese.
L’origine del racconto
La testimonianza si basa sul racconto del signor Mosca, un emigrato italiano stabilitosi definitivamente a Magnien, in Francia. Attraverso i suoi ricordi emerge un caso di presunta possessione diabolica verificatosi a Santa Croce tra il 1885 e il 1890.
L’episodio si apre con la partenza di un compaesano per la Francia: al momento del congedo, lasciò alla moglie solo 5 lire. La donna, infilando la mano nella tasca del grembiule, la mostrò al marito ricolma di monete d’oro, che svanirono non appena l’uomo provò a toccarle. Dopo la partenza del marito, la comunità notò nella donna comportamenti sempre più inquietanti: cadeva a terra urlando al suono dell’Angelus e durante le preghiere mariane, manifestando un’incontenibile avversione per i rosari e per il pane benedetto.
L’esorcismo nella chiesa di Santa Croce
Incapace di gestire da solo la situazione, il giovane parroco del paese chiese l’intervento dell’Abate Don Giovanni Mosca. La donna venne condotta davanti all’altare della Beata Vergine e sottoposta al rito dell’esorcismo. Dopo intensi sforzi, riuscì infine a pronunciare le parole “Sancta Maria”, ottenendo la liberazione dal demonio.
Interrogata sull’origine del suo male, la donna rivelò che tempo prima, mentre raccoglieva legna nel bosco, un misterioso sconosciuto l’aveva persuasa a togliersi dal collo la medaglia devozionale e a depositarla sopra una pietra.
La nota d’archivio e il richiamo colto
Ciò che rende questo manoscritto ancora più curioso è la sua chiusura: chi ha trascritto la testimonianza ha aggiunto in calce un richiamo d’archivio al Tomo III dell’opera dell’accademico di Francia Henri Brémond, citando un celebre episodio in cui il padre Charles de Condren riuscì a liberare un posseduto facendo leggere la formula dell’esorcismo a un bambino di soli sei anni.
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UNE POSSEDEE DU DEMON
Mr MOSCA est un de ces nombreux Italiens venus en France pour y trouver une vie moins pauvre qu’en Italie. Il est établi définitivement à Magnien. Voici ce qu’il raconte:
“Un de mes compatriotes décida un jour de faire ce que j’ai fait: émigrer. Il ne possédait que l’argent du voyage et en partant, il ne laissait à sa femme que 5 lires. Sa femme lui dit: ‘C’est tout ce que tu me laisses? C’est peu mais n’importe: tiens regarde’ et mettant la main à sa poche de son tablier, elle la retire pleine de pièces d’or, puis remet le tout dans sa poche. Son mari se précipite et à son tour plonge la main dans la poche du tablier; les pièces avaient disparu. Il partit et resta 3 ans sans revenir.
Bien que Mr le Curé, flairant en cette femme quelque chose de diabolique, ait conseillé à ses ouailles de ne pas la fréquenter, ma belle mère (Mme CAVAGNA) allait la voir et comme d’autres aussi, passait quelque fois la veillée avec elle. Lorsque les cloches de l’église sonnaient l’Angélus, la femme tombait sur le sol en poussant des cris: ‘Comme si vous me frappiez la tête à coups de bâtons!’. De même pendant les exercices du mois de Marie, lorsque l’on chantait les mots ‘Sancta Maria’, elle tombait sur le sol en criant. Le simple attouchement d’un chapelet la faisait hurler.
À titre d’expérience, on lui présenta un jour du pain bénit, sans lui dire qu’il était bénit; elle le refusa. Un autre jour, on cacha un petit morceau de pain bénit dans une miche de pain ordinaire qu’on lui donna, alors elle ouvrit fébrilement la miche, y chercha et trouva le morceau bénit qu’elle jeta au loin.
Le curé du village, s’estimant trop jeune pour faire l’exorcisme, demanda à son confrère, Mr l’Abbé MOSCA, de prendre l’étole. Pour l’exorcisme, on se rendit devant l’autel de la Ste Vierge. Elle fut exorcisée par deux prêtres (dont l’un mort en 1908, l’Abbé Mosca, ne m’était pas parent). Elle fut délivrée du démon. Lorsqu’elle eut prononcée, après plusieurs tentatives et efforts les mots ‘Sancta Maria’.
Après l’exorcisme, on lui demanda comment elle en était arrivée là. Elle raconta que étant allée ramasser du bois, elle avait rencontré un homme. Le personnage s’était moqué de la médaille qu’elle portait autour du cou et lui avait conseillé de la déposer sur une pierre qui se trouvait là, ce que la femme avait fait. Elle retourna à l’endroit fatidique: la médaille était encore là sur la pierre.
Ces faits se sont passés à Santa Croce (Lombardie) entre 1885 et 1890.
Un joli fait à propos d’exorcismes: Condren vint à bout d’un possédé en faisant lire la formule d’exorcisme par un enfant de six ans (Brémond, “Histoire…”, tome III).
